Les atouts de l'intermédiaire financier

Laissez les intermédiaires financiers faire ce qu'ils font le mieux
in
Les atouts de l'intermédiaire financier
Laura D'Herck

Le secteur financier tourne à plein régime. Mais ceux qui pensent que les intermédiaires financiers indépendants en profitent automatiquement se trompent.

Les banques et les assureurs évaluent leur empreinte et orientent autant que possible leurs clients vers les canaux numériques, en particulier pour les transactions simples. Cette évolution est inéluctable, mais ce qui nous préoccupe chez BZB-Fedafin, c'est l'évolution du rôle de l'intermédiaire financier qui va de pair. Alors qu'auparavant, la relation de confiance avec le client était au centre des préoccupations, aujourd'hui, la paperasserie administrative semble jouer un rôle plus important que jamais. Les dossiers, les contrôles KYC, les contrôles anti-blanchiment, la pression réglementaire, et cetera ne prennent pas seulement du temps et de l'énergie, mais déterminent aussi de plus en plus souvent le montant d'au moins une partie des commissions. Résultat ? Le plaisir et la fierté liés à la profession passent lentement au second plan.

Et c'est dommage, car les intermédiaires bancaires et d'assurance indépendants n'ont pas choisi leur métier pour cocher des cases sur des formulaires. Ils veulent accompagner leurs clients dans les grands et petits moments de leur vie : acheter une maison, protéger leur famille, financer une entreprise. C'est là que réside leur valeur ajoutée.

Des règles à la confiance

Les autorités de surveillance ont désormais tourné leur attention vers les produits. 

« Value for money » ou le rapport qualité-prix des produits est maintenant également une priorité de la FSMA. D’une part nous nous en réjouissons : proposer des produits de qualité à des prix corrects est dans l’intérêt de nos clients et de l’intermédiaire. D’autre part, il reste amer de constater que pendant des années, c’est surtout la distribution qui ait été mise sous le feu des projecteurs, comme si l’intermédiaire bancaire ou d'assurance local était responsable des recommandations de produits erronées. 

Une récente étude client mystère menée par l’EIOPA nous permet de conclure qu’il n’existe pas de lien évident entre le respect des obligations d'information détaillées et la recommandation d'un produit adapté avec un bon rapport qualité-prix. Un bon intermédiaire connaît son client et n'a pas toujours besoin d'une paperasserie excessive pour cela. Ce dont il a besoin, ce sont des produits solides sur lesquels il peut compter. 

Grand temps de repartir à zéro

Il est grand temps de laisser les intermédiaires bancaires et d'assurance faire à nouveau ce qu'ils font le mieux : accompagner et conseiller les clients. Cela n’est possible que si nous faisons confiance en son professionnalisme et si la charge réglementaire autour de la distribution est réduite. C'est la seule façon de redonner à la profession la satisfaction qu'elle mérite et d'offrir aux clients un service qui leur est vraiment utile.

Nous appelons donc les responsables politiques à enfin s’atteler à la simplification administrative dans notre secteur. Tant que cette mesure ne sera pas prise, les intermédiaires continueront à perdre de temps en paperasserie et ne pourront pas se focaliser sur ce qu’ils aiment faire : mettre les intérêts du client au centre de leurs préoccupations. - Albert Verlinden, président de BZB-Fedafin
in Blog