Quand les coûts s'emballent

Un problème structurel pour le secteur des assurances et les consommateurs
Quand les coûts s'emballent
Laura D'Herck

Les récentes informations faisant état d’une résiliation massive des contrats d’assurance protection juridique mettent en lumière un problème qui existe depuis longtemps : la forte hausse des coûts des prestataires de services externes tels que les avocats, les médecins et autres experts.

Ce qui apparaît aujourd’hui dans le domaine de l’assurance protection juridique se retrouve toutefois tout autant dans d’autres branches – pensons par exemple aux assurances hospitalisation. Dans les deux cas, il s’agit de produits qui reposent fondamentalement sur la solidarité et l’accessibilité, mais lorsque les coûts du « côté des prestataires » ne cessent d’augmenter, ce modèle se retrouve mis à mal.

Deux produits, un seul défi

Tant dans l’assurance protection juridique que dans l’assurance hospitalisation, nous observons une évolution similaire : une hausse des honoraires et des coûts chez les avocats, les experts et les prestataires de soins médicaux, alors que les assureurs ont peu de moyens de maîtriser ces coûts. La pression s’accentue ainsi sur les primes et les garanties, ce qui finit par renchérir les produits, réduire la couverture ou entraîner la disparition pure et simple de certaines polices. Cela touche non seulement le secteur, mais aussi et surtout le consommateur.

Des mécanismes de marché défaillants

Sur un marché qui fonctionne correctement, la concurrence assure l’équilibre ; mais lorsque certains éléments de coût ne sont pratiquement pas réglementés ni plafonnés, des distorsions apparaissent. 

Au sein du secteur financier, les intermédiaires et les établissements sont soumis à des règles strictes en matière de rémunérations, de commissions et d’incitations. Ces règles sont justifiées, au nom de la transparence et de la protection des consommateurs. Dans le même temps, nous constatons que cette même logique s’applique beaucoup moins dans d’autres maillons de la chaîne, comme dans les services juridiques et médicaux. Cela soulève des questions quant à la cohérence des politiques et de la réglementation.

Appel au dialogue et à la cohérence des politiques

Pour BZB-Fedafin, ce thème n’est pas nouveau. BZB-Fedafin soulève donc cette problématique auprès de différents cabinets et l’intègre dans des discussions plus larges avec, entre autres, le secteur des assurances et le CSIPME, notamment sur l’avenir de l’assistance juridique et les avantages fiscaux qui y sont liés.

Nous appelons donc explicitement à une table ronde réunissant toutes les associations professionnelles et organisations sectorielles concernées. Il ne s'agit en effet pas d'un maillon isolé, mais d'un système dans son ensemble qui doit mieux fonctionner. - Albert Verlinden, président de BZB-Fedafin
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